Histoires d’amour, Collectif, dirigé par Elie Darco

Edition: Sombre Rets
Genre: Nouvelle
Pages: 300
Prix: 17 euro

Quatrième de couverture:

L’Amour, comme une quête de bonheur, une aspiration impossible, une soif d’absolu, la recherche de l’âme-sœur.
L’Amour qui attend le bon moment pour s’en venir, qui lutte contre le temps, qui demeure une vie entière ou un bref instant.
L’Amour enflammant le corps, troublant la raison et l’esprit, dépassant les limites du genre ou de la mort.
L’Amour qui transcende l’espace, la matière, l’être et ce qu’on a de plus précieux, l’étincelle en nous qui sait donner la vie.
Qu’elles prennent un tour sensuel, fantastique, comique ou tragique, ces vingt-trois histoires d’amour vous porteront à la rencontre de personnages attachants, convaincus de la force du sentiment amoureux et de son unicité.

Avis:

Déjà, une très belle couverture, et un prologue d’Elie Darco qui commence à nous tenir la main pour traverser les différentes nouvelles. Du Moyen Age, en passant par Victor Hugo, Elie Darco nous montre qu’il y a pleins de façons de parler d’amour, qu’il y a autant d’histoires d’amour qu’il y a de personnes aimantes et aimées.
C’est cette palette de situations que nous offrent les auteurs d’Histoires d’amour.

A la recherche de l’amour…
Le temps d’aimer…
Les deux parties que j’ai préférées, qui se suivent parfaitement. On oscille entre tendresse, humour et dure réalité. J’y ai retrouvé le sentiment d’amour que j’ai pu connaître, parfois beau, parfois douloureux.
La plus belle nouvelle pour moi, reste, Quatre saisons avant la pluie. Que nous reste-t-il quand la mort frappe à notre porte ? Notre homme ira retrouver toutes les femmes qui ont compté dans sa vie, et ressassera leur souvenir commun, le parfum qu’elles lui auront laissé.
L’encadreuse m’a beaucoup touchée. Un homme face à sa femme trompée, qui ne s’en doute pas jusqu’au moment fatidique. Malheureusement nous n’en saurons pas plus, ce qui est bien dommage.
Une autre de mes préférées qui m’a parlé, c’est Le sourire de Fausta de Cyril Carau. Une nouvelle tout en pudeur avec les premiers émois et les premières découvertes.

L’amour fou
Cette partie m’a tout simplement surprise. Au cours de six nouvelles, nous sommes réellement face à cet amour fou, obsédant parfois comme Coup de foudre. Yves-Daniel Crouzet nous prouve que l’amour rend parfois aveugle et nous éloigne des autres.
Des nouvelles poignantes comme De l’autre coté du voile , d’Ombeline Duprat ou certaines qui te prennent aux tripes tout simplement, comme La fille de l’air.

Le don d’amour
Une très belle partie, où on nous décrit une autre facette de l’amour, donner à l’autre, inconnu ou non comme La cathédrale de chair où Jérémie Ciholya nous offre une belle métaphore sur la fusion de notre corps qui accepte un corps étranger.
Ce n’est pas ma partie préférée mais elle reste très touchante, de part ces dons d’amour faits aux autres que l’on soit gagnant ou non.

Histoires d’amour, est une belle anthologie, où les auteurs ont réussi à se compléter au fil des nouvelles, chacun avec son style, son expérience, pour nous donner un goût d’amour jusqu’à la dernière page.

De la lumière aux ténèbres, Ange Godart

Editions: La plume noire

Genre: Fantastique

Pages: 80

Quatrième de couverture:

Commencez votre chemin dans la lumière que vous traversez en suivant le funeste messager accomplissant sa tâche auprès des âmes des défuns ainsi qu’en voyant sa renaissance.
Voyez la lumière s’éloigner avec la déchéance d’un ange et découvrez la punition de l’ange déchu, condamné à vivre éternellement au milieu des humains qui disparaissent tous, le condamnant à la solitude.
Découvrez les ténèbres en suivant les choix de mortels qui ouvrent leurs bras à la promesse de la vie éternelle en s’offrant à des vampires qui font d’eux des créatures des ténèbres. Viyez que l’enfant des ténèbres, fils des siècles, peut ressentir la tristesse et la solitude.

Avis:

De la lumière aux ténèbres est un recueil de nouvelles, découpé en quatre parties. Elles forment une évolution qui correspond au titre, on passe de la lumière des anges aux ténèbres des vampires, entre temps une nouvelle espèce plus puissante verra le jour.

Le funeste messager
On suit le travail d’un ange de la mort, qui conduit les âmes dans l’au-delà.
On apprend vite que le pauvre est rongé par ce travail qui ne lui convient plus. Il est fatigué d’annoncer aux gens, qu’importe leur âge, que leur temps sur Terre est fini et qu’ils doivent rejoindre leurs proches qui sont déjà partis.

La renaissance du messager
Dans cette deuxième nouvelle, on retrouve notre ange de la mort que Dieu a fait renaître en tant qu’humain. Mais le pauvre est assailli par de mauvais rêves et prie chaque nuit pour ne pas s’endormir, jusqu’à qu’une mystérieuse voix lui parle de son héritage.

L’ange déchu 
Cette partie là est partagée entre une nouvelle qui dure plusieurs chapitres et trois autres histoires séparées, par leur personnage mais que la déchéance réunit.

Un homme tombe du ciel, des brûlures recouvrent son corps ainsi que des cicatrices dans son dos. C’est Avior, un ange gardien qui protégeait une jeune femme à l’âme très pure que l’ange de la mort est venu chercher. Révolté par cette décision de Dieu, Avior le maudit, c’est ainsi que Dieu le propulsa hors du paradis.
Au cours de ces années d’errance, l’ancien ange gardien devient un être unique.

Un ange tombé amoureux d’une jeune femme, la voit se faire tuer, par vengeance il tuera son bourreau. Dieu le déchut.
Deux transformations de deux hommes en vampires par des jeunes femmes.

L’enfant des ténèbres
Dans cette dernière nouvelle, on rencontre Ambrosius, un très vieux vampire. Assis dans un bar, il est rejoint par sa progéniture Morgana qui l’a jadis abandonné.

L’auteur nous offre un univers sombre, où l’espoir a peu de place. Il a su me garder du début jusqu’à la fin, et je n’ai pas senti de relachement au cours de ma lecture. Chaque page accroche notre attention de part la prose d’Ange Godart mais aussi de part une poésie mélancolique. On sent le poids de ce fardeau que porte l’ange de la mort, on découvre l’errance d’Avior pendant des années qui voit sa ville disparaître et on apprend la trahison.
Cela a été une lecture plaisante, j’avais déjà lu une courte nouvelle de l’auteur et son univers m’avait plu. Je retenterais l’expérience quand l’occasion se présentera.

Je remercie Ange Godart pour ce partenariat ainsi que Le sanctuaire de la lecture.

D’ombre et de lumière, Mathieu Dombre

Version e-book

Pages: 184

Quatrième de couverture:

Mathieu Kari Tuomikoski Dombre est né à Paris en 1959 de père français et de mère finlandaise. Après une enfance en Irak puis en Amérique du Sud, il rentre en France avec sa mère et ses deux frères suite au divorce de ses parents. Nouvelle liberté qui panse les plaies d’un père bourreau. Sa nouvelle situation familiale devenue précaire, il court-circuite les études. Après un séjour dans les parachutistes, il rentre dans la vie active comme simple manutentionnaire ou barman.

Survivant du cancer et du sang contaminé, il gravira tous les échelons dans l’informatique pour devenir ingénieur concepteur d’un système de pilotage de flux, certifié par Microsoft, vendu sous licence à de prestigieuses sociétés. Une suite d’évènements tragiques lui fera perdre tout. Piratage de son logiciel par les multinationales, un second divorce, la mort de son frère emporté par le Sida, auteur connu de BD en collaboration avec Jodorowsky, puis celle de sa mère traductrice de Proust en finnois vont retirer tout sens à sa vie. Aujourd’hui, l’exercice de sa longue pratique des arts divinatoires lui donne une nouvelle raison de vivre.

Avis:

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour ce partenariat.

Dans son roman, il nous raconte son parcours avec ses nombreux déboires.
D’abord touchée par son malheur, la maladie, l’alcool, ses séparations, son état de SDF et de chômeur, j’ai quand même fini par me lasser. Malgré une réflexion sur les différents problèmes qu’il rencontre, l’auteur passe trop rapidement sur les événements. Certains passages ne manquent pas d’intérêt, tout comme la partie où il est question d’astrologie, qui donne un petit côté sarcastique de l’auteur face à son destin, mais le rythme trop rapide m’a empêché de retrouver une chronologie cohérente ou de me faire un jugement sur les personnages, comme par exemple son père, le « bourreau ».
Je me suis assez vite sentie gavée d’informations et de personnages sans pouvoir apprécier réellement ma lecture.
A contrario, la fin est plus « douce », le rythme ralentit, en parrallèle de la vie de l’auteur qui se stabilise alors qu’il sort de ce cercle vicieux.

Mathieu Dombre expose dans ce roman son combat contre la maladie, même si il ne s’étale pas au fil de pages.
Mais nous sommes surtout confrontés à son plus grand démon : l’alcool, sa seule consolation quand rien ne va. C’est d’ailleurs à cause d’elle que sa dernière compagne le quitte.
Là, on rentre dans un mode de survie, trouver du travail, trouver un endroit où dormir, c’est une recherche au jour le jour, dans une société où avoir cinquante « balais » c’est déjà trop tard, on est plus bon à rien.
Et comme dans un conte, l’amour viendra souffler un vent de renouveau pour offrir une renaissance à notre auteur qui s’était perdu dans les ténèbres du démon.

En résumé, malgré quelques points positifs, je n’ai pas accroché…le fond est pourtant vraiment intéressant, dommage que la forme le gâche car, en effet, je pense que le texte aurait mérité d’être retravaillé et les fautes corrigées.